Mercredi, nous annoncions un premier retour pour aujourd’hui. Le voici.
Fin août, OpenAI a étendu sa régie publicitaire à 31 pays européens dont la France. L’accès passait alors par les équipes d’OpenAI, des agences partenaires ou des partenaires technologiques, et le libre-service était annoncé pour la suite du trimestre. Autrement dit, rien à ouvrir soi-même.
Le gestionnaire d’annonces a ouvert lundi. Nous avons créé un compte dans la journée, monté une campagne pour l’agence et posé un budget. Ce qui suit est ce qu’on a vu à l’intérieur, captures à l’appui, et ce que quatre jours de diffusion ont produit.
Une précision avant de commencer : la plateforme est en version bêta et elle évolue vite. Les captures d’interface datent du 1er septembre 2026, les chiffres de diffusion du 4 septembre au matin.
Une régie de plus, les mêmes fondamentaux
Nous pilotons des comptes publicitaires sur Google Ads et sur Meta. D’une plateforme à l’autre, l’interface change, le vocabulaire change un peu, la mécanique ne change pas.
Un compte publicitaire repose partout sur la même chaîne. Un objectif, qui détermine ce sur quoi vous enchérissez. Une stratégie d’enchères, qui décide comment le système engage votre argent à chaque mise aux enchères. Un budget, quotidien ou total, qui borne la dépense. Un ciblage, qui décide à qui l’annonce est proposée. Une mesure, qui dit ce que ça a produit. Et un coût par clic moyen, qui n’est pas un réglage mais un résultat, celui de la concurrence sur votre inventaire.
Un compte mal tenu, c’est le plus souvent un maillon de cette chaîne laissé au réglage par défaut. Une stratégie d’enchères automatique lancée sans conversion à optimiser. Un budget quotidien qui plafonne avant que l’algorithme ait appris. Une mesure absente, donc des décisions prises sur des impressions.
C’est avec cette grille que nous sommes entrés dans ChatGPT Ads. Elle s’applique, et c’est justement ce qui rend les manques visibles.
Le budget est plafonné, et c’est la vraie information
C’est le point qui change tout pour une PME.
À la création de la campagne, l’interface annonçait un plafond de 50 euros par jour et 175 euros par période de sept jours. Nous avons posé un budget quotidien de 25 euros.
Ce plafond est probablement lié à la phase bêta ou au fait que notre vérification d’entreprise n’était pas finalisée. Nous n’avons pas trouvé de documentation qui l’explique, donc à prendre comme un constat sur notre compte, pas comme une règle générale. [À VÉRIFIER AVANT PUBLICATION : le compte affiche 220 euros dépensés en quatre jours, au-dessus du plafond hebdomadaire annoncé. Si le budget a été relevé entre-temps, ajouter ici la phrase : « Nous l’avons relevé à X euros le X septembre une fois la diffusion lancée. » Sinon, préciser que le plafond affiché le 1er septembre n’a pas contraint la dépense réelle.]
L’écran d’accueil confirme la logique : OpenAI indique augmenter prudemment la diffusion pendant la bêta, et annonce une montée en charge progressive.
Ce qu’on en retient : le ticket d’entrée n’est pas le problème. Le canal est accessible à un budget de très petite entreprise. La question devient celle du rendement, pas celle de l’accès.
Ce que le cadre européen retire de l’outil
Sur l’écran de ciblage, une mention grise passe facilement inaperçue. Les audiences personnalisées ne sont pas prises en charge pour les campagnes ciblant l’Espace économique européen ou la Suisse, où les annonces personnalisées ne sont pas encore disponibles.
C’est une information importante, parce que l’argument central de ChatGPT Ads est le ciblage par intention conversationnelle. Sans personnalisation, il en reste le contexte de la conversation en cours, pas un profil construit.
Ce qui reste réglable : les lieux inclus, les lieux exclus, et la plateforme entre Web, application iOS et application Android. Le champ géographique s’arrête à la région. La France entière passe, la Bretagne passe, Brest non.
C’est donc un ciblage par zone, sans ciblage par personne, et la zone la plus fine reste large. Pour une entreprise dont la clientèle se joue à l’échelle d’une ville et de son bassin, une région entière est un filet très large.
Une conséquence pratique : les retours d’expérience venus des marchés hors Europe sont difficilement transposables ici. Une stratégie d’enchères automatique travaille sur des signaux, et il y en a moins de disponibles sur ce marché. Personne ne peut encore dire dans quelle proportion, faute de recul.
L’enchère est automatique, et vous ne la voyez pas
Côté objectif, deux choix : les clics ou les conversions. Côté enchères, une seule stratégie, nommée « Maximiser les résultats ». L’algorithme ajuste vos enchères selon l’objectif et le budget, sans plafond de coût par clic à renseigner.
Un praticien de Google Ads reconnaîtra le Smart Bidding, et il en connaît la condition d’usage : une stratégie automatique a besoin de conversions à optimiser pour donner autre chose que du volume. Sur une campagne au clic sans suivi de conversion installé, elle achète des clics, pas des demandes.
Il n’y a pas non plus d’enchère manuelle, pas de plafond de CPC, pas de réglage au niveau du mot-clé, pour la bonne raison qu’il n’y a pas de mot-clé. C’est une différence de nature avec Google Ads : sur un moteur, vous achetez une requête, ici vous achetez une place dans une conversation dont vous ne choisissez pas le sujet.
Le coût par clic moyen apparaît dans le tableau des campagnes, comme sur les autres régies. Il se constate, il ne se pilote pas.
La case cochée par défaut qu’il faut regarder
C’est le point qui nous a le plus arrêtés, et c’est celui dont on parle le moins.
Une option nommée « Personnalisation du texte » est activée par défaut. Le texte sous l’interrupteur est clair : l’IA génère automatiquement des versions personnalisées et traduites de vos titres et descriptions, susceptibles d’être affichées sans examen ni approbation de votre part.
Pour une agence de communication, la phrase mérite qu’on s’arrête dessus. Vous écrivez un titre, vous le validez, et des variantes que vous n’avez pas lues peuvent être diffusées sous votre marque.
Ça peut améliorer les résultats. Ça peut aussi produire une formulation que vous n’auriez pas signée, dans une langue que vous ne parlez pas. L’option se désactive, et c’est la première chose à décider avant de lancer quoi que ce soit.
L’annonce, un format court et contraint
La création d’annonce tient en quatre champs : une URL de destination, un titre de 50 caractères maximum, une description de 100 caractères maximum, et une image carrée d’au moins 256 pixels de côté.
L’interface signale à deux reprises que le texte peut être tronqué selon le placement. Notre titre fait 45 caractères sur 50 et l’avertissement s’affiche quand même. Il faut donc écrire pour être compris coupé.
L’aperçu montre le rendu : le logo, le nom de l’annonceur, la mention « Pub », le titre et la description. Un encart identifié, séparé de la réponse. Bonne nouvelle pour la confiance des utilisateurs, moins bonne pour un annonceur : votre encart arrive après une réponse qui a déjà traité la question.
Toutes les annonces passent en validation avant diffusion.
La mesure existe, elle demande du travail
Côté suivi, l’outil propose un pixel à poser dans l’en-tête du site, un système d’événements de conversion, et une API de conversions pour envoyer des signaux depuis un serveur.
La mécanique ressemble à ce qu’on connaît ailleurs : une source de données, des événements nommés, un appel à poser au bon endroit du parcours. Rien d’exotique pour qui a déjà installé un suivi de conversion, un vrai chantier pour qui n’en a jamais posé.
Une chose que nous n’avons pas trouvée dans l’interface : la fenêtre d’attribution retenue, et notamment si une conversion est comptée quand l’annonce a seulement été vue, sans clic. C’est une mécanique courante ailleurs, elle gonfle les résultats affichés et rend les comparaisons entre canaux trompeuses. Nous ne savons pas ce qu’il en est ici. C’est la question que nous poserons, et celle que vous devriez poser à qui vous présentera des chiffres sur ce canal.
Ce que ça a donné, à ce stade
La diffusion a démarré le 1er septembre, le jour même de la création du compte. Quatre jours plus tard, au matin du 4 septembre, le tableau de bord affiche 19 204 impressions, 398 clics et 220 euros dépensés, pour un coût par clic moyen de 0,55 euro.
Deux campagnes tournent. La première, sur l’objectif clics, a produit 15 839 impressions, 334 clics et une conversion pour 167,56 euros, soit un taux de clic de 2,11 % et un CPC moyen de 0,51 euro. La seconde, que nous avons lancée en parallèle pour tester l’objectif conversions avec un budget plus réduit, a produit 3 362 impressions, 64 clics et aucune conversion pour 52,48 euros, avec un CPC moyen de 0,85 euro.
Sur le fond, ces chiffres disent trois choses. Le volume est là : 19 000 affichages en quatre jours sur un ciblage France entière, sans audience, sans mot-clé. Le clic est peu cher, autour de 0,50 euro, en dessous de ce que nous constatons sur nos requêtes Google Ads les plus concurrentielles. Et la conversion reste à interpréter : une seule remontée, sans que l’interface nous dise ce qu’elle a compté ni comment.
Quatre jours, une conversion, aucun recul sur la qualité du trafic. Ce n’est pas un bilan, c’est un premier relevé. Nous le publions parce que c’est ce qu’un article de lancement ne montre pas, et nous referons un point avec un mois de données.
Ce qu’on en retient pour un annonceur local
Trois choses.
L’accès n’est plus le sujet. Ouvrir un compte prend une heure et le budget minimum est à portée d’une TPE. Tout ce qui a été écrit fin août sur un canal réservé aux grands groupes est déjà périmé.
Le ciblage par audience n’existe pas en Europe. Pas de liste importée, pas de reciblage sur les visiteurs de votre site, pas de profil. Il reste le lieu et la plateforme, et le lieu ne descend pas sous la région. Une campagne ici tient davantage de l’affichage régional que du ciblage. C’est le principal frein aujourd’hui, plus que le prix.
Ça ne remplace rien. Vos campagnes existantes continuent de fonctionner à l’identique. Ce canal est un terrain à observer avec un petit budget, pas une ligne à arbitrer dans un plan média 2027. À 0,55 euro le clic, le terrain se teste sans risque. La question qui reste est celle de ce que ces clics deviennent.
Une régie de plus, donc. Nous en ouvrons une nouvelle tous les deux ou trois ans, et le travail est le même à chaque fois : comprendre sur quoi le système enchérit, ce qu’il fait par défaut, ce qu’il mesure et ce qu’il ne mesure pas, puis décider si l’inventaire vaut le budget. C’est ce que couvre notre pilotage de campagnes publicitaires, sur Google Ads, Meta, et maintenant sur celle-ci.
Et si vous voulez travailler votre visibilité dans les assistants sans budget publicitaire, c’est l’autre mécanique, celle des citations dans le corps des réponses. C’était le sujet de mercredi, avec un test à faire vous-même en dix minutes.
Le réflexe qui vaut au-delà de ce sujet
Une annonce sur la publicité en ligne fait le tour du web en quelques heures. Elle est reprise, résumée, commentée. Presque personne ne va voir ce que ça donne concrètement pour une entreprise française de trois personnes.
Nous, on a ouvert le compte. Ça a pris une heure et ça a changé la conclusion que nous avions écrite trois jours plus tôt. Quatre jours de diffusion l’ont changée une seconde fois.
Le bon test tient en trois questions : est-ce que je peux y accéder aujourd’hui, à quel prix, et est-ce que mes clients sont dans l’inventaire. Sur ce canal, les deux premières ont maintenant une réponse. La troisième reste ouverte.
Questions fréquentes
Une PME française peut-elle acheter de la publicité sur ChatGPT ?
Oui depuis le 1er septembre 2026. Le gestionnaire d'annonces en libre-service est accessible directement, sans passer par une agence internationale. La plateforme est en version bêta.
Quel budget faut-il prévoir ?
Sur notre compte, l'interface affichait un plafond de 50 euros par jour et 175 euros sur sept jours, et nous avons posé 25 euros par jour. Nous ne savons pas si ce plafond est général ou lié à la phase bêta et à une vérification d'entreprise non finalisée. Aucune grille tarifaire n'est publiée pour le marché français.
Peut-on cibler sa ville ?
Non, pas à ce stade. Le champ des lieux accepte le pays et la région, mais pas la commune : la Bretagne est reconnue, Brest ne l'est pas. Pour un commerce ou un artisan qui travaille sur un bassin de vie, c'est la limite la plus gênante de l'outil aujourd'hui.
Pourquoi le ciblage est-il plus limité en Europe ?
L'interface indique que les audiences personnalisées ne sont pas prises en charge pour les campagnes ciblant l'Espace économique européen ou la Suisse, les annonces personnalisées n'y étant pas encore disponibles. Le RGPD impose un consentement explicite pour ce type de ciblage.
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