On nous a annoncé la mort du print une bonne dizaine de fois. À chaque nouvelle vague numérique, à chaque réseau social qui explose, à chaque « tout se fait sur mobile maintenant ». Et pourtant, les imprimeurs travaillent. Les catalogues s’impriment. Les plaquettes commerciales s’échangent. Les rapports annuels se posent sur des tables de réunion.
Le print n’est pas revenu parce qu’il avait disparu. Il n’a jamais vraiment disparu. Il a juste changé de rôle.
Ce que le digital ne peut pas faire
Un écran est partout et nulle part à la fois. Une notification, un email, une publicité sociale : tout ça se consomme vite, entre deux autres choses, sur un appareil qui fait aussi office de téléphone, de GPS et de distraction permanente.
Un catalogue posé sur un bureau reste. Il attend. Il se feuillette. Il se repasse. Il se montre à quelqu’un d’autre. Il existe physiquement dans un espace, et cette existence physique lui confère quelque chose qu’aucun fichier PDF ne peut reproduire : une présence.
Quand une plaquette commerciale atterrit entre les mains d’un prospect, il la touche. Il en sent le papier. Il perçoit le soin qu’on a mis à la concevoir, à choisir le grammage, à soigner la finition. Ce contact physique crée un lien entre le support et la marque qu’il représente. C’est involontaire, c’est immédiat, et c’est puissant.
Et les chiffres le confirment. En 2025, 46 % des Français ont une opinion favorable de la publicité reçue en boîte aux lettres, devant la télévision, la radio et les canaux digitaux. La moitié des sondés déclarent être attentifs à la publicité imprimée reçue, contre un peu plus d’un quart pour celle reçue en ligne (Pub Audit / Toluna, 2025). Le digital optimise la portée. Le print optimise la profondeur.
Les grandes marques qui ont compris le signal
Le cas le plus emblématique est peut-être celui d’Amazon. Le géant mondial du e-commerce, celui qui aurait le plus à gagner du tout-digital, édite et distribue chaque année depuis 2018 un catalogue de Noël papier à des millions d’exemplaires sur le territoire américain. La décision n’est pas nostalgique. Elle est stratégique.
IKEA a suivi un chemin inversé mais révélateur. Le groupe suédois a arrêté son catalogue mythique en 2021, après 70 ans d’existence et 200 millions d’exemplaires annuels dans 53 pays. Trois ans plus tard, il réintroduisait un format imprimé hybride. Pas un retour en arrière : une reconnaissance que l’imprimé continuait à remplir un rôle que le digital ne pouvait pas assumer seul.
Patagonia, de son côté, a transformé son catalogue en journal narratif centré sur ses engagements environnementaux. Ce format dit quelque chose sur la marque que son site internet ne dit pas de la même façon.
Une étude de la Harvard Business Review citée par plusieurs acteurs du marché confirme que l’envoi de catalogues physiques en complément des emails augmente les ventes de 24 %, notamment auprès des acheteurs habitués aux points de vente physiques.
Trois supports, trois rôles distincts
Le catalogue, la plaquette et le rapport annuel ne jouent pas le même rôle. Les confondre, c’est rater ce que chacun peut apporter.
Le catalogue est un outil de vente. Il documente une offre, structure une gamme, donne des repères visuels et techniques. En B2B, un acheteur qui feuillette un catalogue pendant une réunion, qui le garde dans son bureau, qui le ressort trois semaines plus tard pour vérifier une référence : c’est un cycle de vente long qui se nourrit d’un support tangible.
La plaquette est un outil de confiance. Elle dit, en quelques pages bien construites, qui vous êtes, ce que vous faites, pourquoi vous le faites mieux que d’autres. Elle se donne en fin de rendez-vous, elle accompagne un devis, elle complète une réponse à appel d’offres. Sa qualité graphique envoie un signal immédiat sur le niveau de soin que vous portez à votre communication, et par extension à votre travail.
Le rapport annuel est un outil de légitimité. Il s’adresse aux parties prenantes, aux partenaires, aux institutions, aux collaborateurs. Il raconte une année, des chiffres, des engagements, des projets. Il matérialise une existence, une stabilité, une trajectoire. Quand la Caisse de Bretagne de Crédit Mutuel Agricole remet son rapport annuel à ses administrateurs lors de son assemblée générale, ce n’est pas un PDF qu’on consulte sur un écran. C’est un objet qu’on tient, qu’on garde, qui pose sur la table le résultat d’une année entière de travail au service de l’agriculture bretonne. Ce format existe parce qu’il fait quelque chose qu’un email institutionnel ne fait pas : il donne du poids au message.
Le papier comme territoire créatif
Ce qui a profondément changé ces dernières années, c’est la richesse des options disponibles. Le papier n’est plus un support neutre qu’on imprime. C’est un matériau de design à part entière.
Les gammes de papiers créatifs et premium ont explosé. Des textures qui rappellent la pierre, le tissu, le métal mat. Des grammages qui donnent de l’épaisseur et du sérieux à un document. Des papiers PEFC certifiés ou recyclés qui permettent d’assumer une démarche responsable sans rien sacrifier à la qualité visuelle, bien au contraire.
Les finitions ouvrent un territoire créatif immense. Le soft touch, ce pelliculage velouté qui donne envie de garder l’objet en main. La peau d’orange, qui crée un relief tactile unique. Le pelliculage brillant qui fait ressortir les noirs et les couleurs saturées. Le pelliculage mat qui donne une élégance sobre, premium, qui s’efface derrière le contenu.
Les impressions spéciales ajoutent une dimension supplémentaire : dorure à chaud, vernis sélectif qui fait ressortir certains éléments sous la lumière, couleurs Pantone pour une précision chromatique impossible à reproduire en CMJN, Pantone fluo ou métallisé pour un effet qui arrête le regard.
Tout cela crée une expérience presque collector. Une plaquette qui se tient comme un beau livre. Un catalogue dont on tourne les pages avec plaisir. Un rapport annuel qu’on garde parce qu’il est beau, pas seulement parce qu’il contient des informations.
C’est là que le print prend une dimension que le digital ne peut pas atteindre : l’objet bien conçu crée une expérience sensorielle complète, visuelle et tactile, qui ancre une marque dans la mémoire autrement qu’un écran ne le fera jamais.
Print et digital : chacun a son terrain
L’erreur n’est pas de choisir l’un plutôt que l’autre. L’erreur est de penser qu’ils font la même chose.
Le digital est imbattable sur la portée, la réactivité, la mesure. Une campagne Google Ads permet d’apparaitre en tête des résultats le jour même. Un email de relance peut toucher 2 000 prospects en quelques secondes. Ces leviers d’activation sont rapides, mesurables, ajustables.
Le print travaille différemment. Il ne génère pas de clics, il ne produit pas de données d’engagement en temps réel. Mais il laisse une trace physique dans l’environnement de vos prospects et clients. Il crée une expérience sensorielle que le digital ne peut pas reproduire. Il signale un niveau d’investissement dans la relation qui dit, sans le formuler explicitement : vous comptez assez pour qu’on prenne le temps de faire quelque chose de bien.
Les stratégies les plus efficaces articulent les deux. Le digital génère la première attention, le print consolide la relation. Le site internet répond aux questions de fond, la plaquette accompagne le rendez-vous commercial. La campagne META amène des prospects vers vous, la plaquette laissée après la visite continue à travailler longtemps après que l’écran soit éteint.
Quand le print ouvre sur le digital
Le print n’est plus un support fermé. Il peut devenir un point d’entrée vers une expérience digitale, et c’est là que la complémentarité devient vraiment intéressante.
Le QR code est l’outil le plus simple et le plus répandu. Un catalogue qui renvoie vers une vidéo produit, une plaquette qui pointe vers une page de prise de rendez-vous, un rapport annuel qui donne accès à des données interactives en ligne : le support papier devient un déclencheur. Il capte l’attention, il installe la confiance, et il passe la main au digital au bon moment, quand le lecteur est prêt à aller plus loin.
Mais les possibilités vont bien au-delà. La réalité augmentée appliquée au print ouvre un territoire créatif encore peu exploré en France. Pointez votre smartphone sur la couverture d’un catalogue : un modèle 3D se déploie, une vidéo s’anime, un configurateur s’ouvre. Ce qui était une image statique devient une expérience interactive. Plusieurs marques l’ont déjà intégré dans leurs supports de lancement produit ou leurs showrooms virtuels. Pour une PME qui veut se démarquer sur un salon ou lors d’un rendez-vous commercial, c’est un signal fort : cette entreprise maitrise à la fois la qualité de l’objet qu’elle vous met entre les mains et la technologie qu’elle y a glissée.
C’est exactement le type de projet que nous développons chez Studio en Tête, à la croisée de notre expertise print et de notre pôle digital.
La qualité comme argument commercial
Un support print mal conçu fait du mal à une marque. Papier léger, couleurs approximatives, mise en page bâclée : le prospect fait le lien entre la qualité du support et la qualité du service. C’est injuste, c’est inconscient, et c’est réel.
À l’inverse, un catalogue avec une finition soignée, une plaquette sur un papier à la main agréable, un rapport annuel dont on a pris soin de chaque détail typographique : ces objets communiquent sur le positionnement d’une marque avant qu’un seul mot soit lu.
C’est pourquoi la conception print ne s’improvise pas. Le travail ne commence pas au fichier InDesign. Il commence par les mêmes questions qu’on pose pour n’importe quel support : à qui s’adresse ce document, dans quel contexte va-t-il être utilisé, quel message doit-il laisser après qu’on l’a refermé ?
La direction artistique, le choix du papier et des finitions, la relation avec l’imprimeur, la gestion des fichiers de façonnage : c’est un métier. Et un support print bien conçu n’est pas un objet autonome : il prolonge votre identité visuelle dans le monde physique, avec la même cohérence et le même niveau d’exigence que sur tous vos autres supports. Chez Studio en Tête, notre pôle packaging, PLV et print travaille main dans la main avec nos équipes créatives pour que chaque support raconte la même histoire.
Moins de print, mais mieux
Le volume global de print a baissé, et on ne va pas prétendre le contraire. Les clients impriment moins souvent, en moins d’exemplaires, et avec des budgets parfois réduits.
Mais ce qui reste, c’est le print qui compte vraiment. Les supports qu’on commande encore aujourd’hui ne sont pas des habitudes ou des réflexes. Ce sont des décisions délibérées. Une plaquette pour accompagner un appel d’offres important. Un catalogue pour un salon professionnel. Un rapport annuel pour une assemblée générale. Des supports pensés pour des moments précis, des interlocuteurs précis, avec un niveau d’exigence qui n’existait pas forcément quand on imprimait tout et n’importe quoi.
C’est une bonne nouvelle pour la qualité. Quand on imprime moins, on imprime mieux. Le choix du papier, des finitions, de la direction artistique devient une vraie conversation créative plutôt qu’une production en série.
Par où commencer
Si vous n’avez pas revu votre plaquette depuis trois ans, c’est probablement le bon moment. Si votre catalogue ne reflète plus votre gamme actuelle, il travaille contre vous à chaque rendez-vous. Si votre rapport annuel ressemble à un document Word avec un logo, vos partenaires le remarquent.
Le print est un investissement, pas une dépense courante. Un catalogue bien conçu se garde plusieurs années. Une plaquette solide accompagne une étape de développement entière. Un rapport annuel soigné donne de la valeur à une assemblée générale.
Si vous voulez faire le point sur vos supports print et voir comment les articuler avec votre communication digitale
Sources : Pub Audit / Toluna, Baromètre 2025 · Harvard Business Review, étude catalogues physiques et ventes · Graphiline / Printmedia, retour des catalogues imprimés 2024 · Influencia, imprimé publicitaire et retailers 2025