Bonne rentrée. On reprend les Mercredis de l’IA après la pause d’été, et on attaque avec la question qui est revenue le plus souvent dans nos rendez-vous ces derniers mois.
Un dirigeant nous l’a posée il y a quelques semaines. Pas « comment je remonte sur Google », mais « comment je fais pour que ChatGPT parle de moi ».
La question est nouvelle et elle mérite mieux qu’une réponse commerciale. Voici ce qu’on peut mesurer, ce qu’on peut faire, et ce que personne ne peut vous garantir aujourd’hui.
Ce qui a changé dans la façon dont on vous cherche
Pendant vingt ans, un prospect qui cherchait un prestataire tapait une requête, comparait cinq résultats et cliquait. Le travail consistait à figurer dans ces cinq résultats.
Une partie de ces recherches ne passe plus par là. Le prospect pose sa question à un assistant, en langage courant, et obtient une réponse rédigée qui cite deux ou trois entreprises. Il n’y a plus de page de résultats à comparer : il y a une réponse, et vous y êtes ou vous n’y êtes pas.
Deux remarques avant d’aller plus loin.
La première, c’est que le volume reste très largement sur Google. Ce n’est pas un basculement, c’est une surface qui s’ajoute. Personne ne devrait aujourd’hui déplacer son budget de visibilité vers ce sujet.
La seconde, c’est que cette surface concerne surtout un moment précis du parcours : celui où le prospect construit sa liste, avant même de savoir quelles entreprises existent. C’est un moment que vous n’aviez jamais pu travailler, et où votre absence ne laisse aucune trace.
Le test, quatre requêtes et dix minutes
Ouvrez ChatGPT, puis Perplexity. Perplexity affiche ses sources, ce qui rend le résultat plus lisible. Tapez ces quatre questions, en remplaçant l’activité et la ville par les vôtres.
- La requête de service. « Quelles sont les meilleures agences de communication à Brest ? »
- La requête de besoin. « Je dirige une PME dans le Finistère, je veux refaire mon identité visuelle, à qui m’adresser ? »
- La requête de marque. « Que fait l’entreprise [votre nom] ? »
- La requête de comparaison. « Quelle différence entre une agence de communication et un studio de design à Brest ? »
Les trois premières mesurent votre présence. La quatrième mesure autre chose, plus intéressante : la façon dont l’assistant décrit votre marché, et donc le vocabulaire dans lequel vos prospects vous cherchent.
Une précision : les réponses varient d’une fois sur l’autre et d’un utilisateur à l’autre. Ne concluez rien d’un essai unique. Refaites le test à quelques jours d’écart avant de vous faire une idée.
Une seconde précision, plus importante encore : le résultat change fortement selon la formulation. Une question générale du type « les meilleures agences de la ville » et une question de besoin du type « je veux refaire mon identité, à qui m’adresser » ne donnent ni la même liste d’entreprises, ni les mêmes sources. C’est pour cette raison que les quatre questions ci-dessus se testent toutes, et pas seulement la première.
Comment lire le résultat
Trois cas, et ce n’est pas le troisième le plus embêtant.
Vous êtes cité et bien décrit. Vérifiez quand même le détail. Le métier annoncé, la zone d’intervention, l’ancienneté. C’est votre carte de visite chez quelqu’un qui ne vous a jamais rencontré.
Vous êtes cité mais mal décrit. C’est le cas le plus dommageable, et le plus fréquent. Une entreprise décrite avec un métier qu’elle ne fait plus, une zone d’intervention trop étroite, un positionnement d’il y a cinq ans. Le prospect ne vous écarte pas parce qu’il ne vous connaît pas, il vous écarte parce que la description ne correspond pas à son besoin. Être absent est neutre. Être mal décrit est actif.
Vous n’êtes pas cité. Regardez alors qui l’est. Souvent des annuaires, des comparateurs, des articles de presse locale, parfois un concurrent dont le site est plus lisible que le vôtre sans être meilleur. Cette liste vous dit où se joue la partie.
Et maintenant, comment y entrer
C’est là que la plupart des réponses deviennent floues. Voici la nôtre, classée par degré de certitude, parce que le sujet ne mérite pas qu’on mélange les trois niveaux.
Ce qui fonctionne déjà, sans discussion
Les assistants s’appuient sur le web ouvert. Ce qui vous rend trouvable et lisible pour un moteur vous rend trouvable et lisible pour eux.
Des pages qui répondent à une question, pas à un thème. Une page intitulée « Nos services » ne répond à rien. Une page qui explique ce que couvre une refonte de site, en combien de temps et dans quel ordre, répond à une question qu’un prospect pose vraiment.
Une information d’entreprise identique partout. Même métier, même zone, même ancienneté sur votre site, votre fiche Google, vos réseaux et les annuaires où vous figurez. Nous avons trouvé cinq valeurs différentes de notre propre ancienneté sur nos supports. C’est le genre d’incohérence qui produit une description approximative.
Une fiche d’établissement à jour. Catégories, services, description. C’est une source structurée, publique et vérifiable.
Vos fiches d’annuaire professionnel, y compris celles que vous avez oubliées. Elles sont structurées, donc faciles à lire pour une machine, et ce sont elles qui répondent quand la question posée est trop générale pour qu’un site précis soit consulté. Une fiche qui date de cinq ans continue de parler à votre place.
Des mentions sur des sites tiers légitimes. Presse locale, fédérations professionnelles, partenaires, clients qui vous citent. Ce sont des sources indépendantes, et elles pèsent davantage que ce que vous dites de vous-même.
Aucun de ces quatre points n’est spécifique aux assistants. Ils servaient déjà votre référencement. C’est plutôt une bonne nouvelle : le travail est mutualisé.
Ce qui semble jouer, sans qu’on puisse le prouver
On a fait le test sur notre propre agence, avec les quatre formulations ci-dessus. Le résultat nous a moins appris sur nous que sur la mécanique, et c’est ça qui vous servira.
Sur une question précise, l’assistant va chercher votre site. À la question « je veux refaire mon identité visuelle, à qui m’adresser », comme à la question sur ce que fait notre entreprise, les sources citées étaient nos propres pages. La description était juste, complète, et reprenait nos métiers dans le bon ordre.
Sur une question large, il passe par des intermédiaires. À la question « quelles sont les meilleures agences de communication de la ville », la source n’était plus notre site mais un annuaire professionnel. La description qui en sortait ne retenait qu’une partie de nos activités, alors même que la question précédente les listait toutes correctement. Ce n’est pas notre site qui était en cause, c’est le fait qu’il n’était pas consulté.
Les entreprises citées changent presque entièrement d’une question à l’autre. Sur quatre formulations, nous avons obtenu quatre listes de concurrents différentes. Une seule entreprise revenait deux fois. Il n’existe donc pas de classement stable à conquérir, seulement des réponses construites question par question.
Et une réponse contenait une erreur factuelle vérifiable sur l’une des entreprises citées, du type deux sociétés distinctes créditées de chiffres identiques. Une réponse d’assistant se vérifie, y compris quand elle parle de vos concurrents.
Ce qu’on en retient, et c’est la seule chose qui ressemble à une règle : plus la question est précise, plus l’assistant remonte à la source primaire, c’est-à-dire à vos pages. Plus elle est vague, plus il s’appuie sur des intermédiaires que vous ne maîtrisez pas.
Deux chantiers différents en découlent, et ils servent deux moments du parcours. Vos fiches d’annuaire et votre fiche d’établissement travaillent la découverte, quand le prospect ne vous connaît pas encore. Vos pages travaillent la qualification, quand il sait ce qu’il cherche.
Un mot sur ce que ces réponses ne sont pas : une mesure. Elles varient d’un utilisateur à l’autre et d’un jour à l’autre. Il ne faut pas les lire comme un classement mais comme un échantillon de ce qu’un prospect peut lire à un moment donné.
Ce qui semble compter, au-delà de la source : des réponses courtes et autonomes. Un paragraphe qui répond complètement à une question, sans avoir besoin du reste de la page pour être compris, est reprenable tel quel. Un paragraphe qui dépend de ce qui précède ne l’est pas.
L’échantillon est petit et l’observation ne vaut que pour notre site. Nous la donnons comme une piste, pas comme une méthode. Faites le test sur le vôtre, vous en tirerez vos propres conclusions.
Ce qui reste incertain, et qu’on ne vous facturera pas
Il existe déjà un vocabulaire commercial autour du sujet, GEO, AEO, optimisation pour les moteurs de réponse. Il existe aussi des offres : des mentions de marque achetées dans des articles, des fichiers techniques censés orienter les assistants, des forfaits mensuels.
Nous en avons examiné une, chez un éditeur sérieux, à environ 7 500 € pour une dizaine d’articles étalés sur plusieurs mois. Aucun lien vers le site, seulement la marque intégrée aux titres et paragraphes, et aucune mesure de résultat proposée. Nous ne l’avons pas prise.
La raison est simple : aucun fournisseur d’assistant ne documente publiquement la façon dont il sélectionne ses sources. Personne ne peut donc garantir une citation, ni un délai, ni une position. Quiconque vous vend une garantie sur ce terrain vous vend une promesse qu’il ne contrôle pas.
Ce que ça ne remplace pas
Deux limites à garder en tête avant d’y consacrer quoi que ce soit.
Le volume reste sur Google. Très largement. Une entreprise absente des résultats de recherche classiques et citée par un assistant reste une entreprise peu visible.
La citation ne produit pas encore de visites. Nous mesurons le trafic issu des assistants sur notre propre site : deux visites en un mois. La citation existe, elle ne se transforme pas encore en trafic. C’est peut-être un décalage de maturité, ce sera peut-être durable. Nous ne le savons pas.
Autrement dit : c’est un sujet de présence et de réputation, pas un canal d’acquisition. Le traiter comme un canal d’acquisition aujourd’hui serait vous vendre quelque chose qui n’existe pas.
Un sujet voisin, qu’on suit de près. La publicité dans ChatGPT s’étend à la France. C’est un terrain différent de celui de la citation : la citation est gratuite et subie, la publicité s’achète. Jusqu’à ce week-end, l’accès passait par l’équipe OpenAI Ads Solutions, des agences partenaires ou des partenaires technologiques, et le libre-service était annoncé pour plus tard dans le trimestre.
Il a ouvert entre-temps. Nous avons créé un compte hier depuis une connexion française et lancé une première campagne pour l’agence. L’interface est en version bêta, la vérification d’entreprise avec numéro SIREN est demandée, et le budget quotidien est plafonné à 50 euros par jour et 175 euros sur sept jours. Les annonces passent en validation avant diffusion.
Ce qu’il faut en retenir cette semaine : le canal est désormais ouvert à une PME, et il est encadré. Ce n’est plus une question d’accès mais d’intérêt, et c’est une autre question. On vous fait notre premier retour vendredi 4 septembre, avec ce qu’on a trouvé dans l’outil et ce que la campagne a produit, y compris si c’est rien.
Ce qu’on ferait à votre place
Faites le test. Dix minutes, quatre requêtes, deux outils.
Si vous êtes mal décrit, c’est le seul point qui appelle une action rapide, et il commence par vos propres supports : cohérence de l’information, fiche à jour, pages qui disent clairement ce que vous faites et pour qui. C’est le socle de notre travail de référencement local, et il sert autant les moteurs que les assistants.
Si vous êtes absent, ne changez rien dans l’urgence. Regardez d’abord qui occupe la place, et demandez-vous si votre site répond aux questions que pose un prospect, ou s’il présente une liste de prestations.
Et refaites le test dans trois mois. C’est un terrain qui bouge vite, et l’observation régulière vaut mieux que n’importe quelle méthode annoncée aujourd’hui.
Questions fréquentes
Est-ce qu'on peut payer pour être cité par ChatGPT ?
Combien de temps faut-il pour apparaître dans les réponses ?
Personne ne peut le dire avec précision, et les délais observés varient beaucoup. Ce qu'on constate, c'est que les pages reprises ne sont pas nécessairement les plus anciennes ni les plus visitées. Certaines sont récentes et sans aucun lien entrant. La clarté du contenu semble peser davantage que l'ancienneté.
Faut-il un fichier llms.txt sur son site ?
Mon entreprise est citée avec de fausses informations, que faire ?
Est-ce que ça remplace le référencement sur Google ?
Non. Le volume de recherche reste très largement sur les moteurs classiques, et les citations par les assistants ne produisent aujourd'hui qu'un trafic marginal. C'est une surface qui s'ajoute, pas un canal de substitution.
Cette question revient de plus en plus souvent dans nos rendez-vous. Si vous voulez qu’on regarde ensemble ce que les assistants disent de votre entreprise, et ce que votre site leur donne à lire, c’est le genre de point qui se fait en une heure. Découvrez notre travail de référencement à Brest